Un particulier peut tout à fait condamner sa cheminée, seul ou avec un professionnel. Mais deux conditions ne sont pas négociables : le conduit doit être ramoné avant toute intervention, et l’obturation doit être réalisée par le bas, côté foyer. Ignorer l’une ou l’autre expose à une amende ou à un sinistre.
Seuls deux matériaux sont acceptables pour une obturation permanente : la maçonnerie pleine (briques + mortier réfractaire) et la plaque coupe-feu homologuée. Pour une condamnation réversible, le bouchon gonflable suffit — à condition de respecter les mêmes règles de placement. Le choix entre temporaire et définitif détermine tout le reste : le matériau, le professionnel à contacter et le budget.
Quelle méthode pour votre situation ?
| Question | Réponse | Direction |
|---|---|---|
| Voulez-vous pouvoir rouvrir la cheminée un jour ? | Oui | Bouchon gonflable (temporaire) — entre 30 € et 80 € |
| Voulez-vous pouvoir rouvrir la cheminée un jour ? | Non | Maçonnerie ou plaque coupe-feu (définitif) — entre 200 € et 500 € avec un professionnel |
| Êtes-vous en immeuble avec conduit collectif ? | Oui | Vérifications préalables obligatoires (voir section dédiée) |
| Avez-vous accès à la toiture ? | Non | Faire appel à un couvreur pour la partie haute |
Le ramonage d’abord, sans exception
Quelle que soit la méthode retenue, le ramonage passe avant. Une cheminée inutilisée depuis des années contient encore des dépôts de suie et de goudron qui restent inflammables. Les sceller dans le conduit sans les éliminer crée un risque d’incendie latent.
C’est aussi une obligation légale : le défaut d’entretien expose à une amende pouvant atteindre 450 €. Un ramoneur professionnel coûte entre 40 € et 120 € TTC (tarifs 2026, selon la région et l’accessibilité du conduit).
Au-delà du nettoyage, le ramonage permet de détecter l’état réel du conduit. Un conduit fissuré ou présentant des infiltrations doit être remis en état avant le bouchage — le sceller en l’état ne résoudrait pas le problème et pourrait l’aggraver. C’est à cette étape que vous saurez si des travaux supplémentaires sont nécessaires.
Temporaire ou définitif : deux logiques différentes
La décision structure tout le reste. Si vous envisagez de remettre la cheminée en service un jour — vente du logement, changement d’usage, incertitude — une condamnation réversible est plus adaptée. Si la cheminée ne sera plus jamais utilisée, une obturation permanente est plus solide et plus étanche.
Condamnation temporaire : le bouchon gonflable
Le bouchon gonflable (parfois appelé coussin de cheminée) est un coussin en PVC que l’on insère dans le conduit, côté foyer, puis que l’on gonfle pour bloquer le passage de l’air. Son prix moyen est de 25 €, pour une durée de vie moyenne de 5 ans selon les données du marché. La fourchette pour cette solution (ballon + éventuellement laine de roche pour compléter) se situe entre 30 € et 80 €.
Cette solution se pose soi-même, sans outillage particulier. Elle est réversible : on dégonfle, on retire. Mais elle reste une solution provisoire — le bouchon peut perdre de l’air avec le temps et doit être vérifié régulièrement. Une étiquette collée sur la hotte ou le manteau de cheminée, rappelant la présence du bouchon, évite d’allumer un feu accidentellement.
Condamnation définitive : maçonnerie ou plaque coupe-feu
Pour une obturation permanente, deux options conformes existent :
- La maçonnerie pleine : briques et mortier réfractaire, coulés ou posés au niveau du foyer pour fermer le conduit. Un maçon réalise cette intervention ; le coût total avec un professionnel se situe entre 200 € et 500 €.
- La plaque coupe-feu homologuée : plaque métallique avec isolation (laine de roche), posée côté foyer. Budget comparable : entre 200 € et 500 € selon la complexité.
Trois matériaux sont formellement proscrits dans un conduit de cheminée : la mousse expansive (inflammable), le polystyrène (combustible) et le plâtre simple (poreux, il n’offre aucune résistance au feu). Les utiliser, c’est créer une non-conformité et un risque réel d’incendie.
La règle de placement que beaucoup ignorent
Le Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) l’impose clairement : l’obturation doit être réalisée à la partie inférieure du conduit, côté foyer. Boucher uniquement par le haut — en posant un chapeau ou en scellant la souche en toiture — n’est pas conforme.
Le problème n’est pas seulement réglementaire. Quand on ferme un conduit seulement par le haut sans fermer le bas, l’air reste piégé entre les deux extrémités. Cette colonne d’air se charge d’humidité, la condensation s’installe, et des dégâts peuvent apparaître sur la maçonnerie ou les finitions intérieures. La bonne pratique est de boucher les deux extrémités : par le bas (obligatoire et prioritaire) et par le haut pour empêcher les infiltrations d’eau.
Si vous êtes en immeuble avec un conduit collectif, la situation est différente. Un conduit collectif dessert plusieurs logements : boucher le vôtre peut perturber la ventilation des autres appartements raccordés au même conduit. Avant toute intervention, renseignez-vous auprès du syndic de copropriété pour identifier le type de conduit et les contraintes associées.
Qui intervient à quelle étape
La répartition des rôles dépend de la méthode choisie. Voici l’ordre logique d’intervention :
- Le ramoneur intervient en premier, systématiquement. C’est lui qui nettoie le conduit, évalue son état et rend l’intervention suivante possible.
- Le maçon ou le couvreur prend le relais pour la fermeture en toiture (accès à la souche, pose d’un chapeau ou scellement) et pour la maçonnerie définitive côté foyer si vous optez pour cette solution.
- Le plaquiste intervient en dernier si vous souhaitez une finition esthétique côté pièce — habillage du foyer condamné, pose d’une plaque de plâtre sur le manteau, enduit de finition.
Pour un bouchon gonflable posé en autonome, seul le ramonage préalable nécessite un professionnel. Pour une condamnation définitive, les étapes 1 et 2 font appel à deux corps de métier distincts — le ramoneur ne fait pas la maçonnerie, et le couvreur ne fait pas le ramonage. Prévoir les deux devis séparément.
Une cheminée qui engendre des pertes de chaleur estimées entre 150 € et 250 € par an (selon la taille du conduit et le logement) mérite qu’on prenne le temps de la condamner correctement. Le premier appel à passer est celui du ramoneur : c’est lui qui ouvre la procédure et qui vous donnera l’état réel du conduit avant de choisir votre méthode. La suite dépend de ce qu’il trouve — et de ce que vous décidez de faire ensuite.
Pour les travaux annexes qui touchent à l’enveloppe du bâtiment, comme l’isolation d’une porte de garage, la logique est similaire : l’étanchéité à l’air s’aborde toujours en partant des points de fuite identifiés, avant de choisir la solution.